Humeurs de parents, Vie de famille, VIE DE PARENTS

Pourquoi vouloir un enfant aujourd’hui?

Mais oui, ça c’est vrai… pourquoi? Pourquoi ne plus vouloir dormir la nuit? Pourquoi vouloir être réveillée tous les matins à 6h, même le weekend? Pourquoi vouloir passer 2 heures par soir pendant des mois à le bercer? Pourquoi vouloir sentir le lait tous les jours? Porter des vêtements tâchés? Ne plus pouvoir lambiner des heures sur son canap? Ne plus pouvoir sortir au gré de ses envies? Jeter des couches et des couches dans la poubelle et polluer encore plus la planète? Multiplier la lessive?

Ce n’est plus un secret pour personne, avoir un enfant, c’est aussi polluer la planète. Les couches, les lingettes, les petits pots, les yaourts et compotes, les vêtements, les jouets… Et s’ajoute le problème de la surpopulation. Aujourd’hui, nous sommes déjà plus de 7 milliards et 500 mille habitants sur la planète. On prévoit 2 milliards supplémentaires d’ici 2050. A l’heure actuelle, 1 personne sur 5 n’a pas accès à l’eau potable. La malnutrition touche la majorité des pays du monde.

Quel monde connaîtra mon enfant? Un monde où les océans sont envahis de plastique, où l’on enterre ses déchets, un monde où l’on porte un masque 9 heures par jour en moyenne, un monde où il nous faut une autorisation pour sortir de chez soi.

Et quand il faudra lui expliquer pourquoi, pourquoi on en est arrivés là, que vais-je lui dire? Que c’est en partie de ma faute, de celle de son papa, de ses tontons, de sa tata, de ses grands parents, de ses voisins, ses voisines, de nous tous. Que c’est en partie de sa faute à lui parce qu’il pollue la planète rien qu’en y vivant.

Quand il lira ou regardera les infos, et qu’il verra des personnes qui manifestent, qui brûlent, qui cassent, qui se bagarrent, qui se font la guerre, qui meurent de faim. Que pensera-t’il de ce monde dans lequel j’ai choisi de le mettre?

Bien sûr, il ne pensera jamais que c’est vraiment de la faute de ses parents, de notre faute. Ce n’est pas complètement faux. Mais en partie si. Évidemment nous ne sommes pas responsables de la société telle qu’elle est. Nous n’avons pas le pouvoir de tout changer.

Mais quand même, dans quel monde vivra mon fils? Un monde que l’on maltraite et que l’on piétine, que l’on néglige. Et pourtant, il n’y a pas de planète B prévue. Il devra faire avec nos restes.

Et pourquoi vouloir sacrifier son corps? Car pour la femme, la grossesse et l’accouchement sont lourds pour le corps et non pas sans conséquence. Pourquoi vouloir porter 10 kilos de plus, ne plus être capable de voir une grande partie de son corps, ne plus être capable de faire ses lacets, être fatiguée, avoir des nausée, vomir peut-être, avoir mal au dos, être essoufflée au moindre effort? Le corps ne revient jamais vraiment comme avant. Enfin, si, peut-être au bout d’un long moment… Et que dire du jour J… césarienne, déchirure, episiotomie, anesthésie, hémorragie… Je n’entre pas dans les détails mais il y a des risques pour la santé et des séquelles à un accouchement.

Faire un enfant est généralement un choix. Un choix de vie, plutôt traditionnel même si aujourd’hui, de plus en plus de personnes choisissent de ne pas en faire. Je crois que j’arrive à vous comprendre. Il y a, en plus des raisons écologiques ou économiques, de très bonnes raisons de ne pas vouloir en faire pour sa vie future personnelle. Pourquoi vouloir être responsable de quelqu’un financiérement pendant au moins 18 ans? Sans doute plus si votre enfant fait des études. Un enfant, c’est aussi une privation de libertés, c’est vrai. Plus de télé allumée quand il est là, plus de corvées ménagère et moins de temps pour en faire. Plus de soucis aussi. Car on s’en fait dès qu’il est né. Et on prend pour perpète.

On est en droit de se demander pourquoi vouloir un enfant. Est ce une sorte de diktat insidieux de notre société qui nous pousse à en avoir? Un mimétisme d’intégration envers nos proches? Une envie réelle de pouponner? Un rêve enfantin qui se réalise? Ou bien la fameuse horloge biologique qui se réveille? Quelle que soit la raison, avoir un enfant, est un projet de vie.

Quand j’étais ado, je ne me serais pas imaginée maman. Ça me faisait peur car un enfant c’est un engagement avec le papa. Et je ne me voyais pas m’engager avec quelqu’un. L’envie d’avoir un enfant a été tardive. D’abord, j’avais un peu peur de l’accouchement et de l’engagement. Classiquement, c’est à 30 ans que j’ai commencé à y penser.

Et c’est à 31 que l’on s’est lancés. Je crois qu’effectivement, mon horloge biologique s’est un peu réveillée à ce moment-là, pour me secouer le cocotier et me dire: eh, oh! T’as plus de 30 ans, si tu veux avoir des enfants en bonne santé, et toi être en forme pour les élever, c’est maintenant!

Bref, c’était une sorte d’inquiétude au départ. Les peurs quant à la grossesse et l’après étaient toujours là. Mais je me suis dit qu’un jour ou l’autre, il fallait se lancer et que vers 30 ans me semblait l’âge idéal. Même si, on peut avoir des enfants plus tard, et ils seront en bonne santé. Mais c’est vrai, qu’il y a moins de complication si on est enceinte avant 35 ans. Enfin, c’est ce que m’a dit mon gygy. Je ne suis pas médecin. Mais je fais bien le perroquet.

Bref, on s’est dit: allez, hop! On a essayé et ça a fonctionné rapidement. C’était aussi le bon moment dans nos vies. On avait notre maison à nous. On y a vécu une année ou presque avant de se lancer et c’est ce qu’on s’était dit.

Finalement, en écrivant, je me rends compte que je ne sais pas vraiment vous convaincre dans ma réponse à pourquoi vouloir un enfant aujourd’hui. Peut-être aussi que j’avais peur de rater quelque chose, quelque chose d’important. Un enfant c’est aussi plein d’amour, une promesse. Une promesse que ta vie ne sera plus jamais la même. Plein de moments de vie extraordinaires. Enfin, quand on est parents, on trouve ces moments extraordinaires.

Tout ce que je peux dire c’est que maintenant que je suis maman, je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.

Je sais que j’ai mille raisons de vouloir un enfant. Ce sont tous les moments exceptionnels, de la grossesse, passant par l’accouchement, les soirées sans sommeil, mais aussi par les câlins, les sourires, les rires, les gazouillis, les gestes et tous les futurs moments à trois. J’ai hâte de connaitre ses premiers pas, ses premières bétises, ses premiers mots, ses premiers je t’aime, ses premiers chagrins, ses premiers jours d’école, ses premières lectures, ses premiers copains et ses premiers copines, ses premières virées à vélo…

Une seule de ses raisons me suffit d’ailleurs à me convaincre que j’ai fait le bon choix. Le choix qui me convient en tout cas. Une seule de ces raisons suffit à mon bonheur.

C’est ça finalement, LA raison. Il me rend encore plus heureuse qu’avant.

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