Evènements, Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Souvenirs de 2020

Quand on vous dit 2020, à quoi pensez vous? Covid, covid, covid, covid, covid… covid, non? Ah oui, aussi: maladie, morts, confinement, reconfinement, masques, microbes, propagation, virus…

On est sûr(e)s de vouloir fêter la nouvelle année? Quand on voit ce que 2020 a donné, a-t-on vraiment envie de connaître la suite?

2020 a été une année particulière pour le monde entier. Pour beaucoup, ça a été une année horrible, pénible, étrange, solitaire, cruelle, épuisante, effrayante, révélatrice, intrigante, inquiétante, difficile, pauvre, accablante, tragique, dramatique, triste, énervante, frustrante…

Une année à effacer de nos mémoires et de nos vies. Une année pour appuyer sur le bouton reset et repartir à zéro.

Ce qui est sûr, c’est que tous les événements de cette année, ont forcément fait évoluer nos vies en mal mais peut-être en bien pour certaines choses. Il faut peut-être creuser un peu mais je suis certaine que l’on peut ressortir un peu de positif de cette année.

Je garderai en mémoire les moments passés chez nous dans notre maison. Les weekends tranquilles où on a vraiment profité de cette intimité et de notre foyer.

Trouver du positif dans l’année 2020 est quand même très facile pour moi. C’est l’année de la naissance de mon fils, de mon premier enfant. Et c’est ce dont je me souviendrai en premier.

Alors, non. Je ne veux pas annuler cette année. Pas tout, en tout cas.

Je veux me souvenir de 2020 comme l’année de naissance de mon fils.

Je veux me souvenir de 2020 comme l’année de mon accouchement, de notre rencontre, de ses premiers rires, ses premiers pleurs, de nos premiers câlins, de toutes ses premières fois.

Je veux aussi garder en mémoire les moments particuliers de ma grossesse: l’annonce à la famille, aux amis évidemment mais aussi tous les moments quotidiens.

Je me souviendrai de la bienveillance de mes amis, de ma famille mais aussi de mes collègues et des gens croisés dans un magasin ou ailleurs. Je me souviendrai de leur regard.

Evènements, Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Cher Père Noël

Cette année, j’ai été sage, très sage. Je suis restée enfermée chez moi pendant des semaines. Je ne suis sortie qu’en cas de besoin avec un joli masque en tissu pour ne pas jeter plus de plastique. Enceinte, j’ai pris soin de moi et de bébé. Je me suis reposée. J’ai surveillé ma prise de sucre. Enceinte, j’ai continué à travailler autant que mon corps me le permettait. Puis, j’ai accouché d’un beau bébé, et je m’en suis bien occupée.

J’ai été une maman sage.

J’ai donné du lait à mon bébé, je l’ai porté, je l’ai bercé. Je ne l’ai pas laissé pleuré seul. J’ai tenu compte de ses besoins. J’ai pris en compte ses émotions. Je lui ai parlé pour le rassurer, pour communiquer, pour l’encourager, pour lui témoigner mon amour, pour lui raconter des tas de choses. Je l’ai bercé, je l’ai porté quand il pleurait même si ça me faisait mal au dos et aux oreilles. J’ai fait de mon mieux pour être là pour lui quand il en avait besoin. J’ai fait de mon mieux pour respecter ses besoins. Je l’ai laissé joué sur son tapis quand j’ai senti qu’il en avait assez d’être dans mes bras même si j’avais toujours envie de le câliner.

J’ai été une maitresse sage.

Je n’ai rien dit quand il a fallu laisser mon bébé de 3 mois à des inconnues même si ça me fendait le cœur. Je n’ai rien dit quand il a fallu retourner travailler et porter un masque toute la journée. Je n’ai rien dit quand j’ai eu mal à la gorge à force de parler avec ce masque. Je n’ai rien dit quand on nous annoncé que les masques que l’on portait étaient empoisonnés. Je n’ai rien dit quand il a fallut perdre plus d’une heure par jour à faire laver les mains à mes CE2. Je n’ai rien dit quand il a fallut surveiller que chacun porte son masque correctement. Je n’ai rien dit quand j’ai répété à mes élèves cinquante fois par jour : « Met ton masque sur le nez. » Je n’ai rien dit quand ils ont annulé la piscine. Je n’ai rien dit quand ils l’ont reprogrammé. Je n’ai rien dit quand il a fallu emmener les élèves jusqu’au bord du bassin avec leur masque. Je n’ai rien dit quand il a fallu surveiller que chacun le porte tout le temps, dans le vestiaire. Je n’ai rien dit quand il a fallu redistribuer des masques d’urgence parce que leurs masques étaient mouillés. Je n’ai rien dit quand Adel m’a demandé quand est-ce qu’on enlèverait le masque? Je n’ai rien dit quand Fiona m’a dit qu’elle adorait la piscine parce qu’on pouvait enlever le masque. Je n’ai rien dit non plus quand on nous a annoncé que l’école de Jules Ferry ne serait plus obligatoire jeudi et vendredi pour éviter les risques de contamination. Je n’ai rien dit quand on nous l’a annoncé à la dernière minute, et qu’il a fallu préparer les cartables pour les vacances au cas où. Je n’avais rien dit quand on nous a dit qu’il n’y avait pas de risque à l’école, un peu plus tôt. Je n’ai rien dit quand il a fallu faire garderie pendant deux jours.

Alors, s’il te plait. Lis-moi.

Pour Noël, je ne veux pas de cadeaux. J’en ai reçu déjà, un nombre incalculable dans ma vie. Tellement que je ne me souviens même plus de tous les cadeaux que j’ai déjà eu. En réalité, je ne me souviens vraiment que de quelques cadeaux qui ont compté pour moi: le dvd de la série en noir et blanc de Belle et Sébastien, un poste avec des micro et des cassettes pour s’enregistrer, les deux premiers tomes d’Harry Potter. Ces cadeaux-là, je m’en souviens. Ils ont contribué à mon bonheur d’une certaine manière. Je me souviens des heures de jeux, de visionnage et de lecture. Dans ma vie d’adulte aussi, j’ai reçu beaucoup de cadeaux. Trop. Des choses que j’avais demandé parfois et dont je ne me souviens plus. Des choses futiles souvent. Des vêtements, des bijoux…

J’ai déjà tout ça. J’ai déjà tout ce qu’il me faut. J’ai un conjoint d’amour, un bébé d’amour, une famille aimante, de supers ami(e)s, une belle maison, un travail que j’aime malgré les aléas de notre gouvernement, des collègues supers drôles.

Pour Noël, j’aimerais juste que la vie redevienne comme avant. Que mes élèves ne me demandent plus quand ils enlèveront le masque. Qu’ils me disent qu’ils n’aiment pas la piscine au pire! Que mon fils connaisse le visage de sa nounou. Que je puisse circuler partout sans attestation, sans masque. Que l’on puisse se faire la bise pour se dire bonjour. Alors, efface tout ce qui s’est passé depuis l’an dernier. Ou, non. Sinon, gardons tout ça en mémoire. Peut-être que ça nous servira de leçon pour notre future. Mais, ça y est, on a compris Père Noël. Rends-nous le monde qu’on connu. Et on essayera de le rendre meilleur. De faire plus attention à notre planète et à nos prochains.

Et j’espère que mon fils connaitra alors un monde meilleur.

Accouchement, GROSSESSE

Ouf, j’ai accouché sans masque!

On dirait un roman de fiction comme si le masque était devenu la norme et comme si, accoucher sans masque était une chose extraordinaire. Je ne sais pas si c’est le cas. Je ne crois pas. En tout cas, j’ai pu accoucher sans porter de masque et c’était presque inespéré. Mon bébé a pu voir mon visage dès ses premiers instants et ça me semble important.

Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai accouché en juillet dernier, peu de temps après le début du déconfinement en France. Pas au pic de l’épidémie donc. Je ne vais pas vous faire le récit entier de mon accouchement car je l’ai déjà fait dans un autre article mais je vais vous rassurer, en partie, j’espère si vous devez accoucher bientôt.

Cela faisait à peine 2 semaines que les papas étaient de nouveau autorisés en salle d’accouchement et un peu plus longtemps qu’ils étaient autorisés dans l’hôpital tout court.

Si, évidemment, j’avais des craintes d’attraper la covid pour mon bébé et pour moi, j’en avais aussi par rapport à l’accouchement. Je craignais de devoir accoucher sans péridurale, sans le papa et peut-être dans un état de santé ne me permettant pas de tout comprendre.

On était au début du mois de juillet et je n’étais pas malade quand j’ai perdu les eaux. Alex était également en pleine forme.

La seule crainte que je pouvais avoir était le port du masque, surtout pendant la poussée. Nous sommes arrivés un vendredi soir à l’hôpital, masqués. On nous a fait garder le masque dès qu’on était en présence du personnel médical mais on nous a tout de suite dit qu’on pourrait l’enlever une fois seuls.

C’était vraiment agréable de pouvoir enlever le masque à certains moments. J’étais dans une chambre individuelle. Alex a pu rester avec moi toute la nuit et la journée suivante, et la nuit suivante… Oui j’ai eu un accouchement long, très long!

Quand finalement, j’ai pu me rendre dans la salle d’accouchement, j’ai pu enlever le masque. Alex devait le garder. Mais j’ai pu accoucher sans masque. Ouf! Mais je rappelle que j’ai accouché au mois de juillet, donc on n’était pas au pic de l’épidémie.

Finalement, je n’ai porté le masque que lorsque j’avais besoin de sortir de la chambre pour aller chercher de l’eau à la fontaine à eau ou pour aller aux toilettes, lorsque j’étais en salle d’accouchement. En dehors de ça, je n’ai même pas pensé au protocole, à la singularité de cette situation.

Je profite de ce petit récit de vie pour remercier tout le personnel médical dans son ensemble pour le travail difficile qu’ils accomplissent chaque jour et en particuliers, le personnel de maternité qui m’a très bien accompagnée. A aucun moment, je n’ai ressenti de pression ou de peur en raison de la crise sanitaire particulière. Alors, peut-être que si j’avais accouché en mars, ça aurait été différent. Je ne le saurai jamais. Mais j’ai eu cette chance d’avoir un accouchement normal.

Enceinte, GROSSESSE

Episode 3: le deuxième trimestre

Si le premier trimestre m’a paru long, le deuxième lui est passé très vite! Finis les symptômes dérangeants comme la fatigue et les nausées. Ne restaient plus que les réveils nocturnes.

La nuit a toujours été une source d’angoisse dans l’histoire de l’humanité. Sans doute, nous reste-t-il un souvenir génétique des dangers nocturnes. Bref, si habituellement, je n’ai pas peur la nuit, mes angoisses se sont réveillées durant cette période, des angoisses liées à la grossesse. Est-ce que bébé va bien? Est-ce qu’il est toujours en bonne santé? Vivant? Heureux? Est-ce qu’il ressent mon stress? Est-ce que l’accouchement va bien se passer? En plus de ces périodes d’éveil en pleine nuit, s’ajoute les envies de pipi.

Et c’est comme ça, que 3 à 4 fois par nuit, je me suis retrouvée les fesses sur les toilettes, la tête dans le brouillard, à caresser mon petit bidou et à me demander si tout va bien, et si l’accouchement va bien se passer, si je ne l’ai pas trop écrasé en dormant sur le côté, si c’est normal que je je ne l’ai pas senti bougé pendant la nuit…

Ah oui! Il y a ça aussi! Toutes ces belles choses qui commencent au deuxième trimestre. Comme je disais, j’ai eu une grossesse plutôt sympa. Et c’est vers la fin du 4e mois que j’ai commencé à avoir des sensations étranges. Certaines disent qu’on sent comme des petites bulles, d’autres des vibrations. Je dirais que ce que j’ai senti, ou cru sentir car c’était tellement infime que je me demande toujours si je ne l’ai pas imaginé, c’était entre les deux. Je ne saurais l’exprimer avec un mot. C’était toujours après avoir passé un moment sur le canapé allongée à me concentrer autant que je pouvais, la main, à l’affût, posée sur mon ventre, que j’avais la sensation d’avoir senti quelque chose.

Ensuite, ça a été une sorte de hoquet, ou de sensation répétitive. A ce moment là, je commençais à être plus sûre de moi et je peux dire, que ça ressemblait plus à une vibration rythmée. Je suppose que c’était un hoquet car la sensation était vraiment cadencée. Alex ne sentait toujours rien lui. C’était d’ailleurs frustrant pour lui mais pour moi aussi. J’avais envie qu’il se sente plus impliqué.

Et puis, les mouvements sont devenus plus nettes. Je le sentais bouger à l’intérieur de mois. Je sentais surtout ses pieds qui, vraiment prenaient de la place. Au fur et à mesure des mois, ces mouvements de pieds sont devenus inconfortables pour moi mais pas désagréables car c’est toujours rassurant de sentir bouger son bébé.

Est venu le temps de l’échographie du deuxième trimestre, du confinement, et du test pour vérifier le diabète. L’échographie du 2eme trimestre est clairement celle que j’ai préférée. Le gynécologue a bien pris le temps de regarder le cœur, et les organes. Pour la plupart des parents, c’est le moment de découvrir le sexe du bébé et de se projeter encore un peu plus sur sa vie future. Alex et moi avions décidé de ne pas demander le sexe. Enfin, au départ, c’était son idée. Je n’étais pas vraiment convaincue au départ mais cette idée de garder la surprise pour le jour J a fait son petit bout de chemin dans ma tête. Ce n’est que quelques jours avant l’échographie que j’étais sure de ma décision: non, je ne connaitrai pas le sexe à l’avance! J’ai toutefois eu la joie de découvrir, qu’encore une fois bébé allait bien, quoique…

Quoiqu’il paraissait un peu gros! Et hop, c’est parti pour le test au glucose en laboratoire afin de vérifier le diabète! Je me rends donc au labo, un mercredi matin ensoleillé. Je m’y enferme bien deux heures. On me fait une première prise de sang à jeun, youpi! En plus, j’ai la veine de mon bras gauche qui tressaille alors, comme à chaque fois c’est la guerre pour réussir à me piquer, je ne propose que le bras droit. On me fait boire une étrange mixture, goût citron comme je l’ai choisi, très sucrée. J’attends une heure dans la pièce, sans sortir. Bon l’avantage, c’est que je peux rester allongée sur le siège. Je me sens légèrement nauséeuse. J’avais pris un livre pour m’occuper mais j’ai finalement geeké sur mon téléphone… Au bout d’une heure, nouvelle piqûre au même bras. Une heure encore à passer le temps puis une dernière piqûre et me voilà partie vers un petit déjeuner chez belle-maman.

Résultats le soir même sur le site: j’ai du diabète. Deux des tests ont donné un taux de glycémie plus élevé que la norme. Oh, joie! J’attends un peu, pensant que mon gynéco allait m’appeler. Il n’appelle pas. J’appelle l’hôpital qui m’informe que je vais recevoir un courrier m’indiquant la démarche à suivre mais puisque je suis au téléphone, on me donne tout de suite les numéros à appeler. J’appelle un endocrinologue de l’hôpital et une nutritionniste. Mais je vous parlerai de tout ça, plus en détail, dans un autre article.

Le deuxième trimestre, c’est aussi le début du confinement. On est début mars. On vient de faire une semaine d’école. L’annonce vient de tomber, l’école va fermer. Du JAMAIS VU! Moi qui ne psychotait pas trop par rapport à la covid, je commence à me poser des questions. Et alors, commence une nouvelle école, complètement improvisée, l’école à distance. A nous, les mails qui arrivent de manière complètement anarchiques, les travaux qu’il faut lire en se tordant le cou, les coups de téléphone pour trouver la trace d’élèves disparus au compteur, les parents de CE2 qui font le travail des CM1… Un boulot sous une forme complètement nouvelle, et intense, très intense. J’étais épuisée au bout de 3 semaines. Le seul avantage a été de ne plus avoir de déplacements en voiture.

Une fin de trimestre donc, un peu étrange, angoissante, exceptionnelle… Et bientôt, le dernier trimestre.