Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Je ne me sens pas toujours assez forte.

On a tous des jours où on a l’impression de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur.

Je ne me sens pas assez forte quand je n’arrive pas à calmer tes pleurs. Je ne me sens pas assez forte quand tu hurles dans ton lit, et que rien n’y fait.

Je ne me sens pas assez forte pour toi. Je ne me sens pas à la hauteur face à l’intensité de tes larmes que je n’arrive pas toujours à calmer.

Quand je lis, toutes ses mamans qui disent ne jamais laisser pleurer leur bébé. Et que je lutte depuis 7 mois, sans nuit complète, pour te rassurer, pour te rendormir et que certains jours encore, tu pleures au moment du coucher, la nuit ou à la sieste. Quand je ne sais plus comment faire pour t’aider à dormir sans pleur.

Ca me coûte de t’entendre pleurer. Ça me coûte de ne pas me trouver assez forte. Je fais de mon mieux. Et ça me coûte que ce ne soit pas toujours assez.

Je me sens parfois démunie face à tes pleurs. Démunie de ne pas parvenir à trouver la solution. Démunie aussi face à ma fatigue. Cette fatigue intense et durable.

J’aimerais être plus forte. J’aimerais ne jamais te faire attendre. J’aimerais arriver à te comprendre à chaque fois et calmer l’émotion forte qui te submerge. J’aimerais avoir plus d’énergie.

Quoiqu’il arrive, je ne signerai pas forfait. Je continuerai à faire de mon mieux. Je me surpasse déjà et je continuerai pour toi.

Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Les jours sans

Il y a des jours où tout va bien. Mais comme Si le yin et le yang devaient s’équilibrer, il y a des jours où tout va de travers. Il y a des jours où il suffit d’un tout petit truc, et l’édifice que vous aviez péniblement montés en ce jour, s’écroule. Il faut tout recommencer. La colère vous monte aux joues. Les larmes. La fatigue. L’épuisement.

Les jours sans chez moi, ce sont des jours de pluie parfois. Des jours où la balade en poussette est compromise. Ce sont des jours où je cumule les tâches ménagères et tout à vous, quelque chose dysfonctionne. Mon château de cartes s’écroule. Il faut faire à nouveau alors que j’avais à peine l’énergie de faire, la première fois.

Ce sont des jours où, au contraire, je n’arrive rien à faire. Bébé est malade, ronchon. Quelque chose ne va pas. Il a mal aux dents peut-être. Il ne dort pas beaucoup et demande beaucoup d’attention. Si j’aime passer du temps avec lui, j’ai besoin de temps aussi pour le ménage, le repas, mon travail et souffler un peu. Parfois, rien de cela n’est vraiment possible.

Ce sont des jours où je m’éparpille. Je commence par une tâche, je passe par divers chemins, et je finis par une autre tâche. Tout est commencé. Rien n’est fini. Ça arrive quand j’ai trop de choses à faire. Je ne sais plus où donner de la tête.

Ce sont des jours où je perds la tête. J’oublie des trucs à droite, à gauche et je perds mon temps et mon énergie à chercher quelque chose que j’avais en main la minute d’avant.

Ce sont surtout des jours où je me sens tellement fatiguée! Des jours où je rêve de trouver le temps de faire une sieste. Des jours où je voudrais dormir tout mon sou. Des jours où je me dis que je ferai la sieste plus tard, que j’aurai le temps. Et finalement, la journée défile et je ne trouve pas le temps. Des jours où je n’arrive pas à apaiser les pleurs de mon bébé. Des jours où je me sens nulle.

A toi, la maman qui a aussi des jours sans, tu n’es pas seule. A toi, le papa aussi. Tu te sens incompétente parfois. Tu te sens nulle à côté des autres mamans qui ont l’air de tout réussir, de faire bien mieux que toi, d’en faire toujours plus que toi. Sache que ça nous arrive à toutes. Je suis sûre que ces mamans qui ont l’air parfaites, ont leurs moments de doute, ont leurs lots de ratés et leurs jours sans aussi. Tu n’es pas nulle. Je sais ce que c’est de se sentir nulle. Je sais que c’est difficile parfois, de se dire que non, on ne l’est pas.

Education, QUOTIDIEN

Sage comme une image

Sage comme une image.

Silencieux.

Émotion censurée, tue, tenue, oubliée, enfouie, cachée, maintenue, éteinte.

Avoir un enfant sage comme une image, est-ce réellement une fierté pour les parents? Est-ce quelque chose dont on doit se vanter? Est-ce mieux qu’un enfant qui exprime ses émotions plus intensément?

Tout parent se réjouit d’avoir un enfant sage. La sagesse évite bien des conflits, des difficultés aux parents.

Un enfant sage n’est pas un enfant qui sait contenir ses émotions fortes comme la colère, la peur, la joie également. Car son cerveau n’en a aps encore les capacités. C’est un enfant qui a appris à ne plus ressentir les émotions qui gênent pour mieux plaire a ses parents. Un enfant qui ne ferait pas de bêtises, pas de « caprices ». Un enfant qui obéit sans poser de questions car il a compris que la colère n’est pas une émotion convenable en société.

Dit comme ça, on pourrait se dire qu’en tant que parents, c’est un avantage. Pas de caprice. Pas de honte pour les parents. Pas de crises. Pas de pleurs. Pas d’énervement. Une petite vie pépère qui continue comme elle avait commencé avant les enfants.

Réprimer ses émotions, qu’est-ce que ça nous apporte?

Nous, en tant qu’adulte, qu’est-ce que ça nous apporte ? Quelque chose nous met en colère, on le garde pour nous. On n’explose pas. On ne crie pas. On ne s’énerve pas. On enfouit la colère en nous mais on a pas le droit de l’exprimer.

Qu’est-ce qu’on veut apprendre à nos enfants? A ne pas ressentir, à bannir certaines émotions comme la colère? Pourquoi avoir le droit d’exprimer la joie et diaboliser la colère? Oui, c’est gênant, la colère. C’est gênant à la maison. C’est gênant au supermarché. La colère, ça ne s’exprime pas sans se faire remarquer. Ça ne s’exprime pas en quelques secondes, et c’est fini.

Alors, votre enfant se met en colère, pique une crise à la maison ou dans un espace public ou fait une bêtise ? Je ne dis pas qu’il faut laisser passer. Mais il faut écouter sa colère et chercher son origine. La colère, les émotions doivent être exprimées. Et non refoulées. Alors, pas de honte. Fichez vous du regard extérieur. Vous, vous savez ce que vous faites et pourquoi vous le faites.

Avoir un enfant sage comme une image n’est pas votre objectif. Votre objectif est d’apprendre à votre enfant à ressentir, et à exprimer ses émotions et ensuite, de l’aider à surmonter. Car c’est normal. Car il n’y a pas de honte à ressentir.

Car, oui, c’est vrai les enfants sont submergées par leurs émotions, et qu’ils ont besoin d’aide pour les comprendre. Comprendre c’est un pas vers la maîtrise de soi. Réprimer, interdire l’émotion en la grondant, en ne l’écoutant pas, en l’envoyant dans sa chambre pour ne pas la voir, c’est dire à l’enfant que son émotion n’a pas d’importance, ou qu’elle dérange. Il apprendra alors à ne plus ressentir pour vous convenir.

Le cerveau de l’adulte, étant mature, est capable de gérer seul l’émotion. Mais l’enfant, a un cerveau en cours de construction qui n’est pas encore capable de secondariser l’émotion, de la comprendre et de la mettre en mot.

A toi, la maman qui a honte de voir ton enfant se mettre en colère, n’aie plus honte. Sois heureuse que ton enfant te fasse encore assez confiance pour oser t’exprimer ses émotions. Je ne dis qu’il faut tout laisser faire. A toi de ne pas minimiser ses sentiments. A toi de l’aider à traverser cette tempête. A toi de décoder son message. Apprends-lui que c’est normal de ressentir. Apprends lui que, derrière l’immensité des vagues, tu es là pour le guider.

Inspiration: Au coeur des émotions de l’enfant, Isabelle Filiozat.