Enceinte, VIE DE PARENTS

C’est pour quand le bébé?

Bah oui, alors c’est pour quand? Vous essayez? On attend nous. On est prêts. Vous prévoyez d’en faire quand? Je n’attends plus que d’être grand-père ou grand-mère… Tu as plus de trente ans quand même… Quand je serai mamie/papy/tata/tonton je ferai ci… Et alors, y’a pas un petit deuxième en route?

Il y a des questions qui arrivent, un dimanche midi, sans que vous vous y attendiez. Des questions dites avec le regard pétillant et le sourire. Des réponses parfois qui partagent ces expressions. D’autres fois, les réponses sont plu ternes qu’on ne le pense. Des questions qui semblent innocentes mais qui ne le sont pas.

Au repas de famille. Un couple et leurs parents dinent tranquillement. Tout à coup, la question fatale est posée sur la table, sans préavis avec le sourire.

La réponse tombe immédiatement comme une phrase répétée, une poésie, sans charme, dite machinalement, une réponse automatique qu’on lance en appuyant sur le bouton, un enregistrement audio qui parle à notre place.

La phrase est polie. Le sourire est manquant.

L’émotion réelle s’efface pour ne laisser place qu’au masque.

Le son est là mais là personne est absente.

Si vous avez déjà dit une de ces phrases, lisez-ceci et la prochaine-fois, soyez prudents, tournez votre langue 7 fois dans votre bouche avant de parler si vous le souhaitez, allez faire un tour ailleurs, ravalez vos paroles, réfléchissez.

Oui, quand on pose ce genre de questions, on est dans un sentiment de curiosité saine. Ou on lance parfois ces questions juste pour faire la conversation.

Mais il y a des questions qui sont délicates et celles-ci en font partie. Je vous donne les raisons pour lesquelles il ne vaut mieux pas trop poser ce genre d’interrogations. Je suis certaine que vous vous en doutez d’ailleurs mais une piqûre de rappel ne fait jamais de mal à personne.

Numéro un

Peut-être…. Et je dis bien peut-être qu’ils ne veulent pas d’enfants. Bah oui! C’est une possibilité bien que ça sonne comme une déchirure pour certains membres de la tribu familiale, généralement les grands-parents, il arrive qu’un couple ne veuille toit simplement pas devenir parents. Et c’est peut-être juste une impression, mais j’ai le sentiment que c’est quelque chose de plus en plus courant.

Numéro 2

Plus vous posez ces questions, moins ils auront envie d’en faire. Alors, ça, c’est mon vécu. Laissez-nous vivre notre vie comme on le souhaite! Aujourd’hui, on fait des enfants de plus en plus tard. Si on veut les faire tôt, tant mieux aussi! Sinon, on a le droit de profiter de notre jeunesse ? De toute façon, ce n’est pas en répétant la question, que ça va changer quoi que ce soit. C’est une décision de couple qui ne tient nullement en compte les envies des personnes extérieures au couple.

Numéro 3

Et s’ils étaient déjà en train d’essayer? Si ça ne fait pas longtemps, ils n’ont pas forcément envie de partager l’information donc c’est inutile de demander. Si ça fait longtemps qu’ils essaient… Là, c’est vraiment mal venu. Le mot est faible. Ils ne montreront peut-être rien devant vous, mais ils en souffriront de sans arrêt devoir inventer des réponses. Dire qu’on y arrive pas, ce n’est pas quelque chose de simple à dire au détour d’une conversation, un dimanche midi.

Numéro 4

Ils en ont peut-être déjà eu. Mais quelque chose s’est mal passé. Une fausse-couche ou plusieurs. Pire peut-être. On ne sait jamais ce qu’il se passe dans la vie d’un couple. Dans tous les cas, c’est horrible de devoir répondre à ce genre de questions.

Je finis sur cette note. Triste note. Mais il faut s’imaginer tous les possibles derrière ces questions qui ne sont pas si innocentes que ça. Pensez-y a deux fois avant de poser l’une de ces questions, la prochaine fois.

La sagesse est le maître-mot.

Education, QUOTIDIEN

Auto-confinement des enfants

S’auto-confiner à une semaine des fêtes, c’est le nouveau conseil de notre misnistre préféré, annoncé mardi. Je me demande s’ils le font exprès de toujours faire des annonces du genre à la dernière minute…

Côté perso, pas le choix que d’aller bosser en étant prof de toute façon. Mais en toute honnêteté, même si j’aurais grandement apprécié du temps avec bébé en plus, ça ne me dérange pas non plus d’aller bosser. Je suis contente de retrouver mes élèves aussi. L’Auto-confinement, c’est pour les autres. Et encore, il faut pouvoir s’organiser comme ça, à l’arrache avec son patron et quand on est patron pour pouvoir prendre 2 jours à la maison, en télétravail ou garde d’enfant.

Léo est donc resté à la MAM comme d’habitude. Les nounous non plus ne peuvent pas s’auto-confiner comme ça. Alex et moi sommes partis travailler comme tous les jours.

Je pense qu’ils ne s’imaginent pas le boulot que c’est de préparer tout ce qu’il faut pour les cartables. Si j’avais su que l’école ne serait pas obligatoire les deux derniers jours avant les vacances, je n’aurais pas préparé le même travail. J’aurais dû en plus alléger le travail prévu pour prévoir un temps de rangement car les fiches de mes éléves ne se rangent pas toutes seules dans leur classeur. Que ça peut prendre 30 à 45 minutes pour les faire ranger à toute une classe car à cet âge ils ne sont pas très rapides et ranger dans un classeur est un apprentissage long… Et ils sont 27. Tout prend beaucoup plus de temps avec ce nombre. Donc, à la dernière minute, j’ai changé tout mon programme pour mettre ce qui est prioritaire avant les vacances. Et ne croyez pas qu’à deux jours des vacances, on a plus de travail prioritaire à faire en élémentaire. Il y a toujours des leçons à boucler. Le soucis c’est qu’une séance de travail avec élèves ne devraient pas s’improviser. Il faut préparer le matériel en amont et avoir une idée de comment procéder pour être efficace, claire, et ne pas perdre ses élèves en chemin. Et généralement, c’est pour ça qu’on écrit tout dans des fiches, fiches séquences, fiches séances ou le cahier journal. Bref, pas le temps pour tout ça! J’ai improvisé des choses.

Au final, jeudi et vendredi sont arrivés. Et je n’avais que 2 absents. Bon, il faut dire que très peu d’élèves de ma classe font Noël.

Et encore, pour l’un, les absences sont légions. L’école est une option pour sa famille… Alors les annonces du ministère, de toute façon, ils en ont rien à cirer. Et l’autre, était confiné car cas contact. Donc, ils sont tous venus.

Je me suis posée la question. Si l’école, n’est pas obligatoire, est ce que je peux avancer dans les programmes? Je me suis dit que non, ce n’était pas juste envers ceux qui ne viendraient pas. Mais ils sont tous venus. Alors je les ai fait travailler. Non, parce qu’on ne s’arrête pas de travailler dès qu’un élève est malade ou absent ou parce que le réveil n’a pas sonné… sinon on n’avancerait jamais dans les programmes. Mais quand ton ministre annonce que l’école de Jules Ferry n’est plus obligatoire pendant 2 jours, c’est autre chose.

Je me demande à quoi ça sert de faire des annonces d’auto-confinement quand on ne laisse à personne le temps de s’organiser. Et quand on dit que l’école n’est pas un lieu de contamination.

Je ne suis donc pas certaine que beaucoup d’enfants sont restés confinés avec leurs parents. Et je me demande ce qu’il va se passer en janvier…

Evènements, Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Cher Père Noël

Cette année, j’ai été sage, très sage. Je suis restée enfermée chez moi pendant des semaines. Je ne suis sortie qu’en cas de besoin avec un joli masque en tissu pour ne pas jeter plus de plastique. Enceinte, j’ai pris soin de moi et de bébé. Je me suis reposée. J’ai surveillé ma prise de sucre. Enceinte, j’ai continué à travailler autant que mon corps me le permettait. Puis, j’ai accouché d’un beau bébé, et je m’en suis bien occupée.

J’ai été une maman sage.

J’ai donné du lait à mon bébé, je l’ai porté, je l’ai bercé. Je ne l’ai pas laissé pleuré seul. J’ai tenu compte de ses besoins. J’ai pris en compte ses émotions. Je lui ai parlé pour le rassurer, pour communiquer, pour l’encourager, pour lui témoigner mon amour, pour lui raconter des tas de choses. Je l’ai bercé, je l’ai porté quand il pleurait même si ça me faisait mal au dos et aux oreilles. J’ai fait de mon mieux pour être là pour lui quand il en avait besoin. J’ai fait de mon mieux pour respecter ses besoins. Je l’ai laissé joué sur son tapis quand j’ai senti qu’il en avait assez d’être dans mes bras même si j’avais toujours envie de le câliner.

J’ai été une maitresse sage.

Je n’ai rien dit quand il a fallu laisser mon bébé de 3 mois à des inconnues même si ça me fendait le cœur. Je n’ai rien dit quand il a fallu retourner travailler et porter un masque toute la journée. Je n’ai rien dit quand j’ai eu mal à la gorge à force de parler avec ce masque. Je n’ai rien dit quand on nous annoncé que les masques que l’on portait étaient empoisonnés. Je n’ai rien dit quand il a fallut perdre plus d’une heure par jour à faire laver les mains à mes CE2. Je n’ai rien dit quand il a fallut surveiller que chacun porte son masque correctement. Je n’ai rien dit quand j’ai répété à mes élèves cinquante fois par jour : « Met ton masque sur le nez. » Je n’ai rien dit quand ils ont annulé la piscine. Je n’ai rien dit quand ils l’ont reprogrammé. Je n’ai rien dit quand il a fallu emmener les élèves jusqu’au bord du bassin avec leur masque. Je n’ai rien dit quand il a fallu surveiller que chacun le porte tout le temps, dans le vestiaire. Je n’ai rien dit quand il a fallu redistribuer des masques d’urgence parce que leurs masques étaient mouillés. Je n’ai rien dit quand Adel m’a demandé quand est-ce qu’on enlèverait le masque? Je n’ai rien dit quand Fiona m’a dit qu’elle adorait la piscine parce qu’on pouvait enlever le masque. Je n’ai rien dit non plus quand on nous a annoncé que l’école de Jules Ferry ne serait plus obligatoire jeudi et vendredi pour éviter les risques de contamination. Je n’ai rien dit quand on nous l’a annoncé à la dernière minute, et qu’il a fallu préparer les cartables pour les vacances au cas où. Je n’avais rien dit quand on nous a dit qu’il n’y avait pas de risque à l’école, un peu plus tôt. Je n’ai rien dit quand il a fallu faire garderie pendant deux jours.

Alors, s’il te plait. Lis-moi.

Pour Noël, je ne veux pas de cadeaux. J’en ai reçu déjà, un nombre incalculable dans ma vie. Tellement que je ne me souviens même plus de tous les cadeaux que j’ai déjà eu. En réalité, je ne me souviens vraiment que de quelques cadeaux qui ont compté pour moi: le dvd de la série en noir et blanc de Belle et Sébastien, un poste avec des micro et des cassettes pour s’enregistrer, les deux premiers tomes d’Harry Potter. Ces cadeaux-là, je m’en souviens. Ils ont contribué à mon bonheur d’une certaine manière. Je me souviens des heures de jeux, de visionnage et de lecture. Dans ma vie d’adulte aussi, j’ai reçu beaucoup de cadeaux. Trop. Des choses que j’avais demandé parfois et dont je ne me souviens plus. Des choses futiles souvent. Des vêtements, des bijoux…

J’ai déjà tout ça. J’ai déjà tout ce qu’il me faut. J’ai un conjoint d’amour, un bébé d’amour, une famille aimante, de supers ami(e)s, une belle maison, un travail que j’aime malgré les aléas de notre gouvernement, des collègues supers drôles.

Pour Noël, j’aimerais juste que la vie redevienne comme avant. Que mes élèves ne me demandent plus quand ils enlèveront le masque. Qu’ils me disent qu’ils n’aiment pas la piscine au pire! Que mon fils connaisse le visage de sa nounou. Que je puisse circuler partout sans attestation, sans masque. Que l’on puisse se faire la bise pour se dire bonjour. Alors, efface tout ce qui s’est passé depuis l’an dernier. Ou, non. Sinon, gardons tout ça en mémoire. Peut-être que ça nous servira de leçon pour notre future. Mais, ça y est, on a compris Père Noël. Rends-nous le monde qu’on connu. Et on essayera de le rendre meilleur. De faire plus attention à notre planète et à nos prochains.

Et j’espère que mon fils connaitra alors un monde meilleur.

Enceinte, GROSSESSE

La grossesse vue par les enfants

Maîtresse, pourquoi avant t’étais grosse et maintenant tu l’es plu?

Je me demande vraiment ce que les enfants s’imaginent quand ils se questionnent sur les femmes enceintes. Je ne connais pas la réponse à cette interrogation. Je crois que chacun y va un peu de son imagination. Je vous raconte une petite anecdote récente avec 2 de mes éléves. Attention, mignonerie, quand tu nous tiens…

L’autre jour, j’étais au portail avec mon petit Ulis qui me dit cette phrase. Il me faut alors quelques secondes pour percuter. Ah, oui il parle de ma grossesse. Et voici la conversation que l’on a eu.

– Parce qu’ il y avait un bébé et que maintenant il est sorti.

– oui, mais pourquoi t’étais grosse avant?

– Parce que j’étais enceinte. J’avais un bébé dans le ventre. (Oui, je ne lui précise pas qu’il n’est pas exactement sans le ventre)

– mais les bébés ça vit pas dans le ventre des mamans.

– si, au début. Et quand c’est assez grand, ils naissent.

– oui mais c’est que dans le ventre des mamans.

– oui

Pause

– Maitresse, le père Noël, il existe?

– oui bien sûr.

– oui mais pourquoi on le voit jamais?

– bah tu sais il a beaucoup de travail alors il a pas le temps de voir les enfants.

– Oui mais pourquoi on le voit pas?

– il doit donner des cadeaux à tous les enfants du monde, tu imagines?

– à tous?

Et là, mon autre petit Ulis qui devait manger à la cantine et dont les oreilles traînent par là intervient.

– sauf ceux qui sont pas sages. (Mon 2e élève d’ulis)

– mais il est pas tout seul pour faire son travail?

Mon 2e petit Ulis intervient à nouveau.

– bah non il y a les lutins qui l’aident.

– oui mais il y a que les lutins qui l’aident?

– oui.

– mais pourquoi c’est le père Noël qui donne les cadeaux et pas la mère Noël?

Mon 2e petit Ulis intervient et merci à lui pour cette jolie réponse.

– bah la mère Noël, elle peut pas parce que si elle a des bébés, faut qu’elle s’en occupe.

– Ah ouais…

Et là-dessus, le taxi est arrivé.

Alors oui, la mère Noël qui s’occupe des bébés pendant que le papa travaille, c’est un peu rétro comme conception de la vie mais c’était quand même trop mignon comme conversation.