Humeurs de parents, Vie de famille, VIE DE PARENTS

Je suis une maman qui travaille

Je suis une maman qui travaille et je suis souvent débordée, crevée, épuisée, sur les rotules, absente, morte de fatigue, paniquée, dépassée, explosée, somnolente, las, exténuée, usée, éreintée, vidée.

Les jours passent. Je n’ai pas beaucoup dormi depuis la naissance de mon fils. Il n’a pas fait ses nuits bien vite. Je me suis réveillée même plus de fois que lui. Plus de fois que nécessaire. J’ai dormi d’un oeil pendant des mois. Je ne dors toujours pas comme avant. Le sommeil profond, je dois toujours le connaître sinon je ne serais pas là à écrire, mais je me réveille d’un bond pourtant, au moindre bruit.

Les jours passent et je cumule. Je cumule la fatigue, le manque de sommeil depuis des lustres. Je cumule le boulot, les tâches ménagères, la cuisine, le boulot encore le soir, après le boulot et la soirée avec mon fils. Je cumule 2 journées de boulot en une. Voire 3 peut-être. Je commence par un lever à 6h30. Je prends un petit déjeuner rapidemment car je dois m’occupper de mon fils: le changer, lui donner ses vitamines, le coiffer, l’habiller, l’emmener avec moi pour le petit déjeuner, pour me laver les dents, le caliner, préparer son sac, préparer mon sac, l’habiller pour partir… Après ma journée de boulot, j’entame une deuxième journée de boulot: cuisine, ménage, m’occuper d’un bébé de 7 mois, et reboulot depuis la maison parfois. Heureusement que nous sommes deux pour faire face à cette deuxième journée. Quand j’ai de la chance, je peux me poser dans mon canapé à 20h. Quand j’ai de la chance.

Bref, je suis une maman qui travaille. Je suis fatiguée. Comme toutes les mamans. Celles qui ne travaillent pas. Celles qui travaillent. Oui car en fait, je suis comme toutes les mamans.

Je suis en fait comme toutes les mamans. Toutes, nous sommes fatiguées. Toutes nous devons empiler plusieurs journées en une. Faire rentrer tous les legos dans une boîte trop petite. Nous sommes toutes en train de déborder. Et quand ça déborde, on nous en rajoute encore.

Je suis comme tous les papas aussi.

Je suis cette femme, que tu croises sur le bord de la route, aux feux dans sa voiture, dans la salle d’attente du médecin, dans un rayon du supermarché. Cette femme qui calcule en même temps qu’elle effectue une tâche banale comme placer des céréales dans son caddie. Elle calcule dans sa tête un algorithme impossible pour faire rentrer dans les quelques heures qui lui restent de sa journée, toutes les tâches du quotidien. Elle calcule alors qu’elle vient de passer 9 heures, 10 heures parfois au boulot. Cette femme qui ne s’arrête qu’une fois dans l’intimité, quand les enfants sont couchés. Cette femme qui s’autorise une heure dans sa journée, pour s’affaler sur le canapé et ne penser à rien avant de s’endormir et recommencer.

Je suis une femme qui vit dans une société qui n’est pas faite pour des parents ou des enfants. Je ne dis pas que ce n’est pas bien de travailler. Je dis que, là, derrière cette société, il y a des défauts. Il y a des choses qui peuvent être améliorées. En attendant, nous continuons du mieux qu’on peut à allier deux choses désunies: le boulot et la parentalité.

Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Je ne me sens pas toujours assez forte.

On a tous des jours où on a l’impression de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur.

Je ne me sens pas assez forte quand je n’arrive pas à calmer tes pleurs. Je ne me sens pas assez forte quand tu hurles dans ton lit, et que rien n’y fait.

Je ne me sens pas assez forte pour toi. Je ne me sens pas à la hauteur face à l’intensité de tes larmes que je n’arrive pas toujours à calmer.

Quand je lis, toutes ses mamans qui disent ne jamais laisser pleurer leur bébé. Et que je lutte depuis 7 mois, sans nuit complète, pour te rassurer, pour te rendormir et que certains jours encore, tu pleures au moment du coucher, la nuit ou à la sieste. Quand je ne sais plus comment faire pour t’aider à dormir sans pleur.

Ca me coûte de t’entendre pleurer. Ça me coûte de ne pas me trouver assez forte. Je fais de mon mieux. Et ça me coûte que ce ne soit pas toujours assez.

Je me sens parfois démunie face à tes pleurs. Démunie de ne pas parvenir à trouver la solution. Démunie aussi face à ma fatigue. Cette fatigue intense et durable.

J’aimerais être plus forte. J’aimerais ne jamais te faire attendre. J’aimerais arriver à te comprendre à chaque fois et calmer l’émotion forte qui te submerge. J’aimerais avoir plus d’énergie.

Quoiqu’il arrive, je ne signerai pas forfait. Je continuerai à faire de mon mieux. Je me surpasse déjà et je continuerai pour toi.

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Toutes les mamans sont fortes.

Toutes les mamans sont fortes. Je devrais dire, toutes les femmes, qu’elles soient maman ou pas. Mais je vais parler aux mamans pour cet article.

Toutes les mamans sont fortes. Celles qui ont porté et donné la vie. Celles qui ont élève un enfant adopté, ou celui d’un autre. Celles qui ont aimé. Celles qui pleurent de fatigue le soir. Celles qui sourient quand on leur fait une remarque. Celles qui s’énervent quand on leur fait une remarque. Celles qui n’ont pas arrêté toute la journée. Celles qui ont glandé toute la journée. Celles qui ont pris du temps pour elle.

Elles ont en elles une force certaine qui les guide dans leurs choix. Elles ont une force certaine qui les font tenir face aux nombreuses difficultés de la parentalité. Oui, nombreuses…

Je dis il mais je pourrais dire elle.

Il ne fait pas ses nuits. Il se réveille en pleine forme à 1h du mat. Il se réveille plusieurs fois par nuit. Il ne dort pas de la journée. Et il pleure. Il pleure vraiment fort. Il fait des crises de pleurs à la maison, au supermarché, sur le parking, à la caisse, au magasin, dans le jardin, en promenade, au restaurant, au cinéma… Il court autour de la table comme un fou depuis 15 minutes en hurlant, tout nu. Il a étalé de la confiture sur les vitres et sur le canapé. Il ne veut PAS le verre jaune et pleure depuis de looooongues minutes alors que vous lui avez donné le verre orange qu’il voulait. Et alors, quand ils sont deux! Trois! Quatre!

Bref, la parentalité, c’est un boulot à plein temps. Sans parler forcément, de ces moments difficiles et plein d’émotions, il y a aussi tout simplement le quotidien à gérer.

Elles sont fortes aussi quand leurs enfants grandissent et s’éloignent d’elles. Il faut beaucoup de force pour aimer et élever un enfant, mais il en faut encore plus pour le laisser voler de ses propres ailes.

Alors, oui une maman, c’est fort. Un papa aussi. Mais on entend souvent: « Tu es fort comme papa ». Et très rarement: »Tu es fort comme maman ». Et, pourtant, une maman aussi c’est fort! Alors, on a des muscles moins developpés mais la force ne se résume pas aux muscles. Je dirais même que la force morale est bien plus puissante que la force physique.

Si tu es maman, n’en doute pas. Tu as cette force. Cette force qui te permet de gérer le quotidien, même quand ça déborde. Tu gères à ta manière. Bravo!

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Ne me regarde pas

Ne me regarde pas comme si c’était facile. Comme si c’était facile d’être parent. Comme si c’était facile de comprendre un bébé qui pleure. Comme si c’était facile de gérer les émotions d’un enfant. Comme si c’était facile d’avoir tous les regards sur soi quand mon enfant pleure. Comme si c’était facile d’entendre des conseils. Et de les appliquer si je décide de les suivre. Ou de faire le choix conscient de ne pas les appliquer et de l’assumer.

Ne me regarde pas comme si j’étais une maman imparfaite. Je sais que je le suis. Je sais que je fais de mon mieux. Je sais que mon mieux ne te semble pas suffisant. Je sais que de mon mieux n’est pas ce qui te semble le mieux peut-être. Mais est-ce à toi d’en décider? Est-ce à toi d’en juger? Fais-tu partie d’une espèce exceptionnelle qui a les réponses à tout?

Ne me regarde pas comme si j’avais tord. Comme si j’avais tord dans mes choix, dans mes actes. Comme si j’avais tord de le porter, de le bercer. Comme si j’avais tord d’écouter ses pleurs. Comme si j’avais tord de faire différemment de toi.

Ne me regarde pas comme si tu savais mieux que tous les autres. Comme si toi, tu saurais mieux faire. Comme si, toi, ça ne t’étais jamais arrivé d’avoir de la difficulté avec un bébé ou un enfant.

Ne me regarde pas comme si je l’avais choisi ou mérité. Comme si parce que j’ai fait un enfant, je ne dois pas me plaindre. Comme si je ne devais rien dire, face à la difficulté.

A toi la maman, le papa, la future maman, le futur papa, ou même à toi qui n’es pas parent. Ne me regarde pas comme si je faisais mal. Laisse-moi gérer, apprendre, faire des erreurs, choisir. Être parent ne s’apprend pas dans les livres. Être parent s’apprend à la dure, au quotidien, à chaque instant. Être parent est un défi, le plus grand des défis de ma vie, certainement. Chaque jour, je gravis cette montagne. Chaque jour, j’ajoute ma pierre à l’édifice qui construit sûrement, mais lentement, cette relation avec mon fils. Chaque jour, il grandit et il forge son caractère avec moi.

Je sais que chaque parent est unique comme chaque être l’est. Chaque enfant est unique. Laisse-nous la chance d’être uniques, nous aussi. Laisse-nous être nous-mêmes.

Peu importe ton regard. Au fond, je ferai ce qui me semble juste et bon pour mon enfant. Seulement, tu le sais sûrement, être parent est difficile, alors ne me rajoute pas ton regard inquisiteur.

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Avant d’être maman, je pensais

Il a neigé sur mes idées. Il a neigé sur mes idées préconçues. Il a neigé sur mes idées préconçues de non-maman.

Il a neigé sur tous ces préceptes que j’avais avant d’accoucher. Il a neigé sur tout ce que je m’imaginais avant quand je pensais à ma vie future. Avant d’être maman, je pensais faire de telle ou telle façon, et la réalité a changé mes idées.

Quand je pensais à ma vie future, j’imaginais que je ferais les choses de telle manière. Même si je me doutais que rien n’était immuable et que j’aurais le temps de changer d’avis.

Alors qu’est-ce qui change entre le avant l’accouchement et l’après? Qu’est ce qui nous fait oublier nos beaux préceptes pour en adopter d’autres?

La douleur

Je ne prendrai la péridurale.

Disait la guerrière.

Certaines femmes affirment parfois haut et trop fort, qu’elles ne veulent pas de péridurale et qu’elles veulent un accouchement naturel. Et quand les contractions arrivent… Elles font de leur mieux et parfois se ravisent! Bon, j’ai eu la péridurale mais j’étais plutôt préparée a cette idée. C’était une option dans ma tête. Je l’avais envisagé. Donc c’était facile à accepter. Ce n’était pas un échec pour moi. En tout cas, bravo à celles qui tiennent leur résolution!

La tétine

Il/Elle n’aura pas de tétine.

J’ai lutté. J’ai tenu un bon mois. Je lui donnais le sein sans arrêt. Ma volonté dépassait la fatigue. Pourquoi j’ai lutté contre la tétine? Certains parents ne veulent pas de tétine car ils craignent une déformation de la mâchoire ou parce qu’ils pensent que le pouce, c’est plus simple. Pas de risque de perdre son pouce. Je voulais juste éviter une confusion sein/tétine. J’ai retardé la tétine. On a essayé quand même plusieurs fois… Des moments de doute ou de fatigue où j’ai cédé. Mais il ne la voulait de toute façon pas la prendre. Peut-être qu’il sentait ma réticence. La tétine ne remplace certes pas les câlins mais ça aide tellement ! Ça l’aide à s’apaiser. Ça aide à l’endormissement.

Je le laisserai pleurer.

Je ne le laisserai pas pleurer.

On s’imagine qu’on fera de telle ou telle manière avant que bébé soit né Moi, je laisserai pleurer mon bébé pour ne pas qu’il fasse de caprices. Moi, je ne le laisserai pas pleurer car je pense que s’il pleure c’est qu’il a besoin de quelque chose. En vérité, on a toujours une démarche, une idée de ce qu’on va faire. Et on la suit du mieux qu’on peut. En vérité, on fait de son mieux. On fait ce qui nous semble le mieux aussi.

Zéro écran avant deux ans. Et ensuite, de façon très modéré et avec l’adulte…

Aucun parent ne veut que son enfant regarde les écrans, au moins tout petit. Enfin, peut-être qu’il y a une infime partie de parents que ça ne dérange pas. On sait aujourd’hui que les écrans sont nocifs, surtout en bas âge. Mais, chacun fait encore une fois de son mieux. Certains parents résistent. D’autres craquent. En réalité, tous veulent quand même le bien de leur enfant. Bravo à ceux qui résistent. J’espère arriver à en faire autant.

Je pense qu’il y a plein d’autres idées d’avant, qui peuvent évoluer une fois que l’on est dans la réalité des choses. Je ne vous ai mis que celles qui me parlent vraiment, pour lesquelles je me sens concernée d’une manière ou d’une autre.

Si le pas de tétine n’a pas de grande conséquence pour moi. Peut-être que ça aurait créée une confusion de tetine au bout d’un moment. Mais je n’aurais pu m’en passer à ce moment-là. J’étais fatiguée. Je tiens vraiment à réussir à gérer les écrans. Je ne veux vraiment pas que mon fils voit un écran avant deux ans. On tient bon. Mais il est encore tout petit, c’est facile pour l’instant. Je ne sais pas de quoi demain sera fait.

Alors, si vous n’arrivez pas à vous tenir à vos préceptes, avec le temps, c’est normal. Déculpabilisez. Votre enfant est en bonne santé. Il est heureux. Ça, ce n’est pas rien. C’est le signe que vous êtes de bons parents. Même si vous ne vous sentez pas parfaits. Personne ne l’est.

Humeurs de parents, VIE DE PARENTS

Je suis devenue maman

Bon, bébé est là. Papa et maman aussi. Où est la notice d’emballage?

Je suis devenue maman. Je ne suis pas née avec des compétences de maman. Et ça, même si j’ai joué à la maman avec mes poupées, quoique ce n’était pas mon jeu préféré. Même si j’ai joué à la maman avec mes amies, mes cousines et mes cousins.

On ne naît pas maman, on le devient.

Enfin, il paraît. Je suis assez d’accord avec cette expression même si je trouve que l’accouchement, est la naissance de bébé mais aussi des parents. Au moins pour le premier enfant. On devient parents, maman et papa quand on prend son rôle de parents, quand on rencontre notre premier enfant pour la première fois. La première rencontre, que ce soit lors d’un accouchement, ou lors d’une visite quand on adopte, est une naissance de la parentalité.

Comme je vous le disais, je suis devenue maman. Je suis devenue maman quand j’ai accouché. Quand je l’ai vu. Quand je l’ai serré contre moi, la première fois. Quand je l’ai nourri. Quand je lui ai souri. Quand il a posé son regard sur moi. Quand il a pleuré. Quand il a serré mon petit doigt. Quand j’ai senti son odeur. Quand j’ai caressé ses cheveux.

J’ai appris à être maman au fur et à mesure. Et c’est un apprentissage de tous les jours, longs, sans doute jamais vraiment terminé.

J’apprends à être maman à chaque fois que je le tiens dans mes bras, que je le change, que je le rassure, que je le console, que je cherche à comprendre ce qu’il a, que je trouve ce qu’il a, ou que je ne trouve pas.

J’apprendrai à être maman, ou si tard encore quand il sera triste, heureux, en colère, curieux, apeuré, énervé, froissé, sérieux, excité, jaloux, déçu… Quand il apprendra à lire, à écrire, à compter. Quand il parlera anglais mieux que moi. Quand il sera plus fort que moi à la course, aux jeux, ou en mathématiques… Quand il sera amoureux. Et peut-être quand il sera papa, s’il l’est un jour.

Alors à toutes les mamans jeunes ou moins jeunes, bravo pour votre parcours, qu’il soit court pour l’instant ou déjà long. Bravo aux papas aussi. Devenir parents n’est pas simple. Pas si inné que ça d’ailleurs. J’ai bien peur qu’être parents est un apprentissage de toute une vie. A chaque étape, son lot de questionnements et de doutes. A vous de jouer!

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L’éducation d’hier à aujourd’hui

Fouet, martinet, enfermement, placard, alcool, sirop pour la toux, châtiments corporels, sangles, laisse, privations alimentaires… toutes ces choses ne vous font pas ou plus penser à un enfant. Et pourtant, ces pratiques, qui aujourd’hui peuvent choquer, ont bel et bien existées. Non seulement, ces pratiques existaient mais en plus, elles rentraient dans les moeurs, dans la normalité.

C’était normal de sangler son enfant à son lit pour qu’il ne nous réveille pas trop tôt. C’était normal de battre son enfant parce qu’il avait fait une bêtise. C’était normal de le priver de repas en punition. C’était normal de l’attacher avec une laisse pour ne pas qu’il s’échappe. C’était normal de mettre un peu d’alcool dans son biberon pour qu’il dorme…

L’enfant était un petit démon qu’il fallait punir pour qu’il apprenne. Il fallait qu’il se plie à nos exigences d’adultes. L’enfant était un être inférieur et incompétent. L’enfant et ses émotions étaient secondaires, sans importance, encombrants même peut-être.

Ce qui importait, était qu’il ne dérange pas notre quotidien. Que l’adulte puisse faire sa journée et sa nuit, comme avant qu’il ne soit là.

On pensait aussi que c’était la seule manière acceptable de lui faire comprendre ce qu’on exigeait de lui. Nos exigences et nos attentes ne correspondaient en rien à leur âge ou à leurs émotions. Mais on ne se posait pas la question. Tout le monde faisait ainsi. C’était normal.

Notre vision de l’enfant, notre vision de l’éducation ont évolué. Dans notre société actuelle, ce qui est important pour réussir (Je n’aime pas ce terme mais je n’arrive pas à trouver le mot), c’est l’estime de soi et l’autonomie.

Je pense que c’est en leur donnant confiance en eux, que nos enfants pourront réaliser les possibles, concrétiser leurs projets, avoir le courage de se lancer, oser se construire comme ils le souhaitent.

L’éducation d’aujourd’hui se veut bienveillante. Bienveillante mais pas permissive. Aujourd’hui, on traite l’enfant comme ce qu’il est, une personne.

On se doit de comprendre ses actes et ses mots. On se doit, en tant que parents, de respecter notre enfant, ses émotions, ses peurs, ses manières d’exprimer ce qu’il n’arrive pas à mettre en mot, à contrôler, à réprimer. Car si l’enfant est une personne, il n’est pas un adulte. Il a des émotions mais n’a pas la capacité, comme les adultes de contrôler ses émotions. Il est dans l’immédiateté.

Depuis toujours, on demande, on exige que l’enfant s’adapte à nos envies d’adultes. Aujourd’hui, c’est à nous de faire notre part, de raisonner différemment. De se mettre à la place de notre bébé ou de notre enfant, de comprendre sa demande, et de l’aider en apportant une réponse.

Avant de dire non à une demande, avant de cataloguer notre enfant, avant de se fâcher, essayons d’abord de comprendre ce qui motive ses actes. Punir n’empêchera pas la récidive. Mais trouver la source du problème est un pas vers la résolution.

C’est à notre tour, nous les adultes, de nous élever à hauteur d’enfants. Et si c’est une tâche complexe, un défi de chaque instant, un effort parfois exténuant, c’est aussi le gage d’une relation construite sur l’amour, la confiance et la responsabilité des parents et des enfants.

Inspiré du livre d’Isabelle Filiozat, Au coeur de nos émotions.

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Les parents ne comptent pas pour des prunes!

Quand on devient parents pour la première fois, on passe très vite du premier au second plan. Nous-mêmes, déjà, nous faisons passer notre bébé avant tout. Mais on est ses parents. C’est assez normal.

C’est un phénomène assez étrange qui tombe sur la jeune maman qui vient d’accoucher et qui touche également le papa. C’est souvent inattendu. Enfin, oui on s’y attend. Mais on ne s’imagine pas vraiment ce que c’est, seulement une fois qu’on l’a vécu. Alors oui, c’est bien que le bébé soit le centre de l’attention de tous mais il ne faut pas non plus oublier ses parents.

Quand on vient d’accoucher, on a tendance à s’oublier. On oublie de prendre soin de soi pour ne s’occuper que de son bébé. Mais certaines personnes de notre entourage ont tendance à nous oublier aussi, à ne s’occuper que de notre bébé et à ne pas s’intéresser aux parents. Ça fait bizarre surtout pour la maman qui quand elle était enceinte était le centre de toutes les attentions et qui tout à coup, est reléguée au second plan.

Ça surprend un peu quand on accouche pour la première fois. Ça arrive très vite, comme une bonne claque.

Vous êtes tranquillement en train de pouponner. Ça toque à la porte. Vous vous dites que c’est encore une sage femme, une auxiliaire de vie, une ou un pédiatre… Une énième visite médicale. Côté médical d’ailleurs, vous restez avec votre bébe, le centre de toutes les attentions.

Et puis non, ce sont des visiteurs qui viennent rencontrer bébé pour la première fois. Ils entrent, disent bonjour, et se dirigent vers le bébé. Et là, il arrive pour certains visiteurs que plus rien d’autre n’existe. Ils posent des tas de questions sur le bébé, ne le lâchent plus du regard et on sent que les conversations qui ne concernent pas le bébé ne sont pas très interessantes.

Alors, oui je comprends car pour moi, Léo est mon centre du monde. Et puis, c’est la première rencontre alors je comprends. Mais quand même, il ne faut pas oublier la maman qui a accouché, qui a mis au monde ce petit être merveilleux, s’intéresser à elle, lui demander comment elle se sent, comment elle va. Et surtout s’intéresser à ses réponses. Ne pas oublier que derrière ce bébé il y a des parents. Des parents qui existaient déjà avant et qui continuent d’être là. Des parents qui viennent de traverser un torrent d’émotions et qui sont encore au milieu de la marée.

Ensuite, ça continue. Ce sont les visites à la maison qui s’enchaînent.

Ça passe par des gestes, des regards, des attitudes. Des visiteurs qui demandent tout de suite à le voir ou le prendre dans les bras quand ils ne le prennent pas sans demander. En tout cas, ils essaient. Pensez à demander avant de prendre un bébé dans les bras. Pourquoi? D’abord, ça peut être le mauvais moment. Il faut le changer, aller le faire dormir, il est fatigué… Ensuite, c’est plus poli surtout quand il est dans les bras de quelqu’un d’autre déjà. Enfin, c’est un être humain, imaginez que l’on fasse la même chose avec vous. C’est un peu brut comme arrivée. Et attendez un peu avant de demander. Vous pouvez d’abord prendre le temps de dire bonjour, discuter un peu avec les parents. Montrez que vous êtes aussi là pour les parents.

Ne vous affolez pas au moindre pleur! Ça peut donner l’impression aux parents qu’ils font mal. Les parents savent mieux que quiconque ce dont a besoin leur bébé. Un bébé pleure souvent. C’est son seul moyen de communication quand quelque chose ne va pas. Les parents vont s’en occuper.

Posez le bébé. Ne le gardez pas dans vos bras pendant des heures. Ça les fatigue. Un bébé a besoin d’être posé de temps en temps. Ça lui permet aussi de développer sa motricité et de jouer. Et les parents auront très certainement envie de le prendre aussi dans leurs bras au bout d’un certain temps. Ce n’est pas parce qu’ils le voient tout le temps et que vous n’êtes là que pour une ou plusieurs heures, que les parents n’auront pas envie de lui faire un câlin ou de jouer un peu avec lui. Et d’ailleurs, ils ne le voient certainement pas tout le temps car ils travaillent. Mais, de toute façon, ce n’est pas une raison.

En conclusion, pour que papa et maman se sentent bien et qu’on leur donne l’importance qu’ils méritent, le plus simple est de :

  • Prendre le temps de discuter avec les parents: discuter, demander comment ils se sentent, parler de tout autre chose que le bébé aussi. Leur vie s’étend sur d’autres sphères que la parentalité ( le reste de la famille, les amis, le sport ou toute autre occupation, le travail, les voyages peut-être…).

  • Proposez de l’aide aux parents pour l’intendance: aider à poser ce qu’il faut sur la table pour le café par exemple, apporter un plat cuisiné…

En bref, montrez que vous êtes un soutien pour les parents et que vous êtes là pour eux-aussi. Ce sera grandement apprécié! Et bien-sûr que vous pourrez porter bébé, jouer avec lui, lui parler, lui faire des câlins aussi.

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Pourquoi vouloir un enfant aujourd’hui?

Mais oui, ça c’est vrai… pourquoi? Pourquoi ne plus vouloir dormir la nuit? Pourquoi vouloir être réveillée tous les matins à 6h, même le weekend? Pourquoi vouloir passer 2 heures par soir pendant des mois à le bercer? Pourquoi vouloir sentir le lait tous les jours? Porter des vêtements tâchés? Ne plus pouvoir lambiner des heures sur son canap? Ne plus pouvoir sortir au gré de ses envies? Jeter des couches et des couches dans la poubelle et polluer encore plus la planète? Multiplier la lessive?

Ce n’est plus un secret pour personne, avoir un enfant, c’est aussi polluer la planète. Les couches, les lingettes, les petits pots, les yaourts et compotes, les vêtements, les jouets… Et s’ajoute le problème de la surpopulation. Aujourd’hui, nous sommes déjà plus de 7 milliards et 500 mille habitants sur la planète. On prévoit 2 milliards supplémentaires d’ici 2050. A l’heure actuelle, 1 personne sur 5 n’a pas accès à l’eau potable. La malnutrition touche la majorité des pays du monde.

Quel monde connaîtra mon enfant? Un monde où les océans sont envahis de plastique, où l’on enterre ses déchets, un monde où l’on porte un masque 9 heures par jour en moyenne, un monde où il nous faut une autorisation pour sortir de chez soi.

Et quand il faudra lui expliquer pourquoi, pourquoi on en est arrivés là, que vais-je lui dire? Que c’est en partie de ma faute, de celle de son papa, de ses tontons, de sa tata, de ses grands parents, de ses voisins, ses voisines, de nous tous. Que c’est en partie de sa faute à lui parce qu’il pollue la planète rien qu’en y vivant.

Quand il lira ou regardera les infos, et qu’il verra des personnes qui manifestent, qui brûlent, qui cassent, qui se bagarrent, qui se font la guerre, qui meurent de faim. Que pensera-t’il de ce monde dans lequel j’ai choisi de le mettre?

Bien sûr, il ne pensera jamais que c’est vraiment de la faute de ses parents, de notre faute. Ce n’est pas complètement faux. Mais en partie si. Évidemment nous ne sommes pas responsables de la société telle qu’elle est. Nous n’avons pas le pouvoir de tout changer.

Mais quand même, dans quel monde vivra mon fils? Un monde que l’on maltraite et que l’on piétine, que l’on néglige. Et pourtant, il n’y a pas de planète B prévue. Il devra faire avec nos restes.

Et pourquoi vouloir sacrifier son corps? Car pour la femme, la grossesse et l’accouchement sont lourds pour le corps et non pas sans conséquence. Pourquoi vouloir porter 10 kilos de plus, ne plus être capable de voir une grande partie de son corps, ne plus être capable de faire ses lacets, être fatiguée, avoir des nausée, vomir peut-être, avoir mal au dos, être essoufflée au moindre effort? Le corps ne revient jamais vraiment comme avant. Enfin, si, peut-être au bout d’un long moment… Et que dire du jour J… césarienne, déchirure, episiotomie, anesthésie, hémorragie… Je n’entre pas dans les détails mais il y a des risques pour la santé et des séquelles à un accouchement.

Faire un enfant est généralement un choix. Un choix de vie, plutôt traditionnel même si aujourd’hui, de plus en plus de personnes choisissent de ne pas en faire. Je crois que j’arrive à vous comprendre. Il y a, en plus des raisons écologiques ou économiques, de très bonnes raisons de ne pas vouloir en faire pour sa vie future personnelle. Pourquoi vouloir être responsable de quelqu’un financiérement pendant au moins 18 ans? Sans doute plus si votre enfant fait des études. Un enfant, c’est aussi une privation de libertés, c’est vrai. Plus de télé allumée quand il est là, plus de corvées ménagère et moins de temps pour en faire. Plus de soucis aussi. Car on s’en fait dès qu’il est né. Et on prend pour perpète.

On est en droit de se demander pourquoi vouloir un enfant. Est ce une sorte de diktat insidieux de notre société qui nous pousse à en avoir? Un mimétisme d’intégration envers nos proches? Une envie réelle de pouponner? Un rêve enfantin qui se réalise? Ou bien la fameuse horloge biologique qui se réveille? Quelle que soit la raison, avoir un enfant, est un projet de vie.

Quand j’étais ado, je ne me serais pas imaginée maman. Ça me faisait peur car un enfant c’est un engagement avec le papa. Et je ne me voyais pas m’engager avec quelqu’un. L’envie d’avoir un enfant a été tardive. D’abord, j’avais un peu peur de l’accouchement et de l’engagement. Classiquement, c’est à 30 ans que j’ai commencé à y penser.

Et c’est à 31 que l’on s’est lancés. Je crois qu’effectivement, mon horloge biologique s’est un peu réveillée à ce moment-là, pour me secouer le cocotier et me dire: eh, oh! T’as plus de 30 ans, si tu veux avoir des enfants en bonne santé, et toi être en forme pour les élever, c’est maintenant!

Bref, c’était une sorte d’inquiétude au départ. Les peurs quant à la grossesse et l’après étaient toujours là. Mais je me suis dit qu’un jour ou l’autre, il fallait se lancer et que vers 30 ans me semblait l’âge idéal. Même si, on peut avoir des enfants plus tard, et ils seront en bonne santé. Mais c’est vrai, qu’il y a moins de complication si on est enceinte avant 35 ans. Enfin, c’est ce que m’a dit mon gygy. Je ne suis pas médecin. Mais je fais bien le perroquet.

Bref, on s’est dit: allez, hop! On a essayé et ça a fonctionné rapidement. C’était aussi le bon moment dans nos vies. On avait notre maison à nous. On y a vécu une année ou presque avant de se lancer et c’est ce qu’on s’était dit.

Finalement, en écrivant, je me rends compte que je ne sais pas vraiment vous convaincre dans ma réponse à pourquoi vouloir un enfant aujourd’hui. Peut-être aussi que j’avais peur de rater quelque chose, quelque chose d’important. Un enfant c’est aussi plein d’amour, une promesse. Une promesse que ta vie ne sera plus jamais la même. Plein de moments de vie extraordinaires. Enfin, quand on est parents, on trouve ces moments extraordinaires.

Tout ce que je peux dire c’est que maintenant que je suis maman, je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.

Je sais que j’ai mille raisons de vouloir un enfant. Ce sont tous les moments exceptionnels, de la grossesse, passant par l’accouchement, les soirées sans sommeil, mais aussi par les câlins, les sourires, les rires, les gazouillis, les gestes et tous les futurs moments à trois. J’ai hâte de connaitre ses premiers pas, ses premières bétises, ses premiers mots, ses premiers je t’aime, ses premiers chagrins, ses premiers jours d’école, ses premières lectures, ses premiers copains et ses premiers copines, ses premières virées à vélo…

Une seule de ses raisons me suffit d’ailleurs à me convaincre que j’ai fait le bon choix. Le choix qui me convient en tout cas. Une seule de ces raisons suffit à mon bonheur.

C’est ça finalement, LA raison. Il me rend encore plus heureuse qu’avant.