Enceinte, GROSSESSE

Episode 4: le troisième trimestre

Et voilà que tu te le prends en pleine face, le beau, le dernier, le troisième et non des moindres trimestre de ta grossesse.

Je ne l’ai pas vu arriver. Mais ça y est, le dernier trimestre s’est pointé au pas de ma porte. J’ai bien senti que mon bidou était gros et pesait son poids, que je n’arrivais plus à voir mes pieds, ou mon sexe, que je n’avais plus trop conscience de la largeur qu’il me fallait pour passer entre les meubles, que j’étais souvent à deux doigts de taper mon bidou contre un meuble en me retournant un peu vite, que mon dos me tiraillait, que la fatigue revenait un peu…

Le dernier trimestre a été assez agréable dans l’ensemble. Il faut dire que j’ai beaucoup aimé être enceinte. L’avantage du gros bidou, c’est que ça y est, ça se voit que tu es enceinte. En toute logique, on devrait te céder la place dans les transports en commun mais je n’en prends pas. En toute logique, on devrait te laisser passer devant à la caisse mais je ne suis que très peu sortie dans les magasins à cause du confinement. Et d’ailleurs, on ne te laisse que rarement ses avantages. Il faut oser les prendre, faire sa place sinon peu de personnes vont te proposer de passer devant eux à la caisse.

Côté désagréments, il y a eu le retour de la fatigue quoique moins importante qu’au premier trimestre, les réveils pipi encore plus nombreux mais surtout, il y a eu le diabète gestationnel. Suite aux résultats de mes prises de sang, d’abord j’avais un gros hématome sur le bras, ensuite j’ai passé quelques coups de fil. J’ai fixé un rendez-vous téléphonique avec la nutritionniste, autre avantage du confinement, car vraiment un coup de téléphone était suffisant me concernant en tout cas. On a papoté autour des mes habitudes alimentaires et elle m’a conseillé, comme une bonne copine bien renseignée. Puis, j’ai fixé aussi un rendez-vous avec un endocrinologue. Je me rends donc à l’hôpital, masquée bien évidemment, j’attends dans une salle d’attente. Et, ah, tiens, je suis prioritaire, je passe devant un monsieur. Je m’assois dans le cabinet du médecin et je lui explique pourquoi je suis là quoiqu’il me dise qu’il le sait déjà. Mais fallait pas me demander alors! Il m’explique que je vais devoir me piquer 6 fois par jour, avant et après le repas. Il me donne un petit carnet où noter mes résultats, et où je trouve les normes à ne pas dépasser. Il m’explique comment utiliser l’appareil et me dispute presque de ne pas y arriver du premier coup. Oui encore une première impression qui va me rester en mémoire… Jusqu’à qu’il se rende compte qu’il avait mal vissé l’appareil. J’adore. Je ne dis rien. Le rendez-vous se termine. Je fixe un autre rendez-vous pour faire le point, à quelques semaines de ma date d’accouchement. J’espère fortement ne pas avoir à revenir.

Quoi d’autres sinon? Ah, oui. Le confinement. C’était sympa aussi. Premier confinement. Enceinte. En télétravail. Ecole à distance avec très peu de moyens informatiques. Mais tout ça, ce n’était rien. Ce qui comptait ce que ce fichu virus ne fasse pas de mal à mon bébé! Oui, après tout, on ne savait pas grand chose de ce virus et force est de constater que les médias, les politiques, les scientifiques ne semblaient pas en savoir davantage. Bref, situation angoissante. Je n’osais plus sortir et encore moins pour aller faire les courses. Il m’a fallu des semaines avant d’oser mettre les pieds dans un supermarché. Bon, aujourd’hui, heureusement, je n’ai pas plus ces craintes.

Bon, allez, fin du confinement! Je commence à me détendre. J’ai un rendez-vous téléphonique avec l’anesthésiste pour faire le point sur mes souhaits, mes antécédents médicaux, la prise éventuelle de médicaments. Rendez-vous ce weekend chez les beaux-parents pour inaugurer la piscine creusée! Je vous le donne en mille. Je n’ai pas inauguré la piscine. Enfin si, j’en ai inauguré une, dans mon salon. Je vous raconterai bientôt.